MEA-CULPA DE JOSÉPHINE 

La statue de l'impératrice Joséphine, monument cadeau de Napoléon III, est une oeuvre du sculpteur Gabriel Vital Dubray (1813-1892) érigée en 1859 au centre du jardin de la Savane (Martinique). 

C'est en fin d'année 2013 que l'artiste David Né à débuté son projet d'intervention sur des monuments vandalisés dans l'espace public. La première oeuvre intitulée "Mea-culpa de Joséphine ou le repentir de Joséphine" mêle photomontage et texte poétique. Elle est suivi de la vidéo performance intitulée "Schoelcher, des circonstances exténuantes" en 2015.

Le propos de l'artiste étant, d'initier symboliquement par l’humour et la poésie, la nécessaire réconciliation du peuple Martiniquais avec son histoire.

Après une première publication en 1934, la réédition de l'ouvrage biographique intitulé Joséphine Impératrice des Français, Reine d'Italie, vient confirmer l'intuition de l'artiste à grand renfort de document historiques, et de faits avérés. L'ouvrage de Sainte-croix de la roncière est  publié aux éditions Idem avec une préface remarquable de l'écrivain Martiniquaise Suzanne Dracius.

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The statue of the Empress Josephine, a gift monument to Napoleon III, is a work of the sculptor Gabriel Vital Dubray (1813-1892) erected in 1859 in the centre of the Savannah Garden (Martinique).

It is at the end of 2013 that the artist David Né began his project of intervention on vandalized monuments in the public space. The first work entitled "Mea-culpa de Joséphine ou le repentance de Joséphine" mixes photomontage and poetic text. It is followed by a video performance entitled "Schoelcher, des circonstances exténuantes" in 2015.

The purpose of the artist is to symbolically initiate, through humour and poetry, the necessary reconciliation of the people of Martinique with their history.

After a first publication in 1934, the reissue of the biographical work entitled Joséphine Impératrice des Français, Reine d'Italie (Josephine Empress of the French, Queen of Italy), confirms the artist's intuition with the help of historical documents and proven facts. The work of Sainte-croix de la roncière is published by Idem with a remarkable preface by the Martinican writer Suzanne Dracius.




HOMMAGE à la statue 
de Marie josephe rose tascher de la pagerie beauharnais
dit JOSEPHINE (pour les intimes).

HOMMAGE to the statue
of Marie josephe rose tascher from the Beauharnais pagerie
says JOSEPHINE (for close friends).
 (image 1) La statue de Joséphine de Beauharnais, décapitée en Septembre 1991 par les indépendantistes du groupuscule « Yich Telga », puis maculée de peinture rouge sang.  (image 1) The statue of Josephine de Beauharnais, beheaded in September 1991 by the independentists of the small group "Yich Telga", then stained with blood red paint.
Elle est debout la négraille
inattendument debout.
Debout, mais à tes pieds.
O Impératrice du mépris
Adoubée d'un coup de sabre rageur, 
 (image 1)
Abreuvée de la colère pourpre
D’un peuple ivre d'une rancœur viscérale.
Étêtée,
Fouettée,   
 (image 2)
Mise en boite pour expédition,   
(image 3)
Ballottée et mise au ban de la Savane.   
 (image 4)
Joséphine, affectueusement nommée,
Tu es celle qu'en ces lieux
On adore détester.    
Impériale sur ton piédestal,
Rayonnante intrigante,
Tu subjugue
Par ton éclat de Baccara
Qui cristallise toutes les passions et la fascination.
Catin sublime de Bonaparte,
Babylone des îles;
C’est encore sur ton corps sans tête
Que génération après génération
Le pays Martinique
S’en viens
éjaculer cette vieille haine
Jusqu'à avorter sa destinée.
Quand, Seigneur, quand
Les îles voudront-elles connaître ta paix ?
Cette paix qui n'est ni amnésie, ni négation,
Mais réconciliation d'un peuple avec son histoire.
Car en effet,
Le pardon est une puissance qui libère.
 (image 2) performance "résilience" de Sarah Trouche.2012. Pool art fair 2012. Place de la Savane Fort-de-Fance, Martinique.   (image 2) Sarah Trouche's "resilience" performance. 2012. Pool art fair 2012. Place de la Savane Fort-de-Fance, Martinique.
(image 3) La statue décapitée de Joséphine de Beauharnais, épouse de Bonaparte, empaquetée pour le retour ! (image 3) The decapitated statue of Josephine de Beauharnais, Bonaparte's wife, packed for the return trip!  
 (image 4) Déplacement de la statue en bordure du parc par l'administration municipale du maire Aimé-Césaire en 1974.   (image 4) The statue was moved to the edge of the park by the municipal administration of Mayor Aimé-Césaire in 1974.
(image 5) Souvent vandalisé, le monument est considéré comme un        « symbole colonialiste » par différents groupes indépendantistes de l’île.  (image 5) Often vandalized, the monument is considered a "colonialist symbol" by various independence groups on the island.  
She's standing there, the nigger.
unexpectedly standing up.
Get up, but at your feet.
O Empress of contempt
Adorned with a raging sword blow, (picture 1)
A drink of purple anger
Of a people drunk with a visceral resentment.
Stubborn,
Whipped, (picture 2)
Boxing for shipping, (image 3)
Tossed and banished from the Savannah.    (image 4)
Josephine, affectionately named,
You are the one that in this place
We love to hate.    
Imperial on your pedestal
Intriguing radiant
You subjugate
By your Baccarat glow
Which crystallizes all passions and fascination.
Bonaparte's sublime whore,
Babylon of the islands,
It's still on your headless body.
That generation after generation after generation
The Martinique country
Coming up
ejaculate this old hatred
Until she aborted her destiny.
When, Lord, when
Will the islands want to know your peace?
This peace which is neither amnesia nor negation,
But reconciliation of a people with its history.
Because indeed,
Forgiveness is a liberating power.



 Photomontage « mea-culpa de Joséphine »

                         Position actuelle de la statue, face à l'avenue de la liberté.                           Current position of the statue, facing Avenue de la Liberté.
L'impératrice Joséphine symboliquement décapitée. pour avoir prétendument conseillé à Bonaparte de rétablir l'esclavageen 1802. Empress Josephine, symbolically beheaded, for allegedly advising Bonaparte to restore slavery in 1802.
Photo de gauche, l'impératrice Joséphine, la main gauche posée sur la médaille de Napoléon Ier. Image de droite : photomontage d'une impératrice grassouillette qui arbore l'expression "happy face" joufflu et replet caractéristique des figures féminines de David Né.                                                                                                                  Photo on the left, Empress Josephine, with her left hand on Napoleon I's medal. Picture on the right: photomontage of a plump empress wearing the expression "happy face", chubby and full of features characteristic of David Né's female figures.







Tête de Joséphine, 2015. Sculpture bois et polystyrène, 56 x 25 x 26 cm.  Josephine's head, 2015. Wood and polystyrene sculpture, 56 x 25 x 26 cm.

                                                             Mea Culpa de Joséphine", 2015. vidéo et texte de David Né. Interprétation vocale de Black Kalagan slameur.                                                              "Mea Culpa de Joséphine", 2015. Video and text by David Né. Voice interpretation of Black Kalagan slamer.

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